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RECUPERACIÓN DE PAISAJES DE TERRAZAS Y PREVENCIÓN DE RIESGOS NATURALES |
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Risques naturels et restauration des aménagements anciens
Appeler à la restauration des terrasses de culture cévenoles au nom de la protection contre des risques naturels ne serait sans doute pas très pertinent sur le plan économique, au stade d'évolution actuel. Le développement des terrasses de culture a résulté d'une forte pression démographique qui a contraint les hommes à utiliser des palliatifs pour tirer le meilleur parti de leur environnement. Mais les conditions d'exploitation étaient trop difficiles pour que les aménagements ne soient pas un jour abandonnés.
La déprise rurale qui a touché les Cévennes dans la seconde moitié du XIXème siècle a conduit à l'abandon quasi total des terrasses de culture et des aménagements hydrauliques qui leur étaient associés. Envahies par la forêt, les anciennes terrasses de culture n'ont plus de rôle à tenir pour maîtriser les eaux et maintenir les sols. On doit toutefois s'interroger sur les services que rendaient les aménagements, et sur ceux qu'ils peuvent encore rendre malgré leur dégradation. Le rôle premier des terrasses est d'offrir des surfaces de culture planes sur des versants en pente forte. Cela facilite le travail du sol tout en aidant à limiter l'érosion. Associées à des ouvrages hydrauliques (rigoles pour l'évacuation des eaux de ruissellement, barrages, canaux pour l'irrigation), elles participaient non seulement à la protection des sols, mais aussi à la gestion des eaux. Toutefois la conséquence la plus visible de la déprise rurale est la revégétalisation du milieu, que ce soit sur les terrasses anciennement cultivées, qui couvraient des superficies relativement limitées, ou sur des secteurs non aménagés qui étaient voués à l'élevage ovin. L'extension des broussailles et du pin maritime constitue un facteur très favorable au déclenchement et à la propagation des incendies de forêt. On notera cependant que si les départs de feu sont nombreux, les superficies ravagées restent le plus souvent modestes. Certes, le "grand incendie des Cévennes", a parcouru 4100 ha au Chambon le 9 septembre 1976. Mais, depuis 1973, un seul autre incendie a ravagé plus de 1000 ha en Cévennes, à Saint-Jean-de-Calberte le 3 août 1976 (1295 ha). La sensibilité assez faible des forêts cévenoles aux incendies résulte, d'une part, de l'humidité du climat et de la fréquence des orages estivaux, et, d'autre part, du compartimentage du couvert végétal. Les espaces faciles à protéger sont nombreux : zones vouées au pâturage, hêtraies, châtaigneraies. Les plantations de résineux réalisées par les Eaux et forêts puis par l'Office national des forêts, pas plus que les yeuses, ne sont des formations particulièrement sensibles au feu. Le maquis et les pins maritimes le sont en revanche beaucoup, et l'on regrettera donc qu'ils prennent de l'extension et envahissent souvent les yeuses et les châtaigneraies abandonnées. Les forêts assurant aux sols une bonne protection contre l'érosion par les eaux de ruissellement et les mouvements de terrain étant limités à quelques éboulements sur les routes, le risque principal, pour les personnes comme pour les biens, résulte des crues violentes provoquées par les épisodes pluviométriques cévenols. Valleraugue, dans la vallée de l'Hérault, détient à cet égard un sinistre record : 950 mm de pluie le 29 septembre 1900, en 10 heures. À Saint-Christol-lez-Alès, sur 55 années climatiques, de septembre 1950 à août 2005, vingt ont reçu au moins une pluie supérieure à 100 mm en 24 heures. Les précipitations en 24 heures ont dépassé 200 mm à quatre reprises, la valeur maximale atteignant 543 mm le 8 septembre 2002 (du 8 à 9h00 au 9 à 9h00 – heures légales). Des précipitations aussi abondantes et intenses s'accompagnent de crues d'une extrême violence, caractérisées par des montées de crue très rapides et par des débits de pointe considérables (M. PARDÉ, 1919 ; L. DAVY, 1956). De telles crues, qualifiées de "gardonnades", se produisent fréquemment sur toutes les rivières cévenoles. En dépit des aménagements réalisés, elles continuent de causer des inondations, parfois catastrophiques, dans les villes qu'elles traversent, à Alès, Anduze, Sommières… Lors du dernier épisode en date, celui des 8 et 9 septembre 2002, 635 mm de pluie sont tombés à Saint-Christol-lez-Alès et 687 mm à Anduze (L. NEPPEL, 2003). Dans le secteur d'Anduze, le débit spécifique en pointe de crue de certains affluents du Gardon avoisinait certainement 20 m3/s/km2 (É. GAUME et al., 2003). En dépit de l'abondance des précipitations annuelles, un autre risque hydrologique doit être pris en compte : la sévérité des étiages estivaux. Particulièrement marquée au cours des dernières années, elle pourrait nuire à l'attrait touristique des rivières, et plus encore poser des problèmes pour l'alimentation en eau des populations.
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